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« Eat, Save, Love » pour lutter contre le gaspillage alimentaire

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Le concept consiste à organiser des repas à partir d’ingrédients dont les supermarchés cherchent à se débarrasser, mais qui sont parfaitement consommables.

La sensibilisation contre le consumérisme effréné et le gaspillage alimentaire fait ses premiers pas au Liban grâce à l’initiative « Eat, Save, Love ». Créé par Diana Fayad, une Libanaise de Paris, le concept vise à organiser des repas gastronomiques à partir de produits dont les supermarchés cherchent à se débarrasser (invendus, surstockage ou légumes pas assez beaux, mais dont la qualité et le goût n’ont pas été altérés), alors qu’ils sont parfaitement consommables.

Le tout dans le but de faire évoluer les mentalités et les habitudes de la société en matière d’alimentation.

C’est lors d’un dîner organisé jeudi dernier dans un restaurant de Beyrouth que le concept a été lancé dans la capitale libanaise en présence d’une centaine de personnes venues déguster un menu végétarien entièrement créé à partir d’ingrédients offerts par une grande surface. « À travers l’initiative “Eat, Save, Love”, j’essaie de m’adresser aux personnes aisées et qui gaspillent le plus de nourriture afin de les amener à envisager le surplus alimentaire différemment. J’aimerais que ces personnes commencent à contribuer aux associations et mouvements qui luttent contre le gaspillage alimentaire dans le pays », explique Diana Fayad à L’Orient-Le Jour.

Mme Fayad, qui a déjà organisé deux repas du genre l’année dernière à Vienne, a fait appel aux chefs Tina Wazirian et Bob el-Dib pour son dîner beyrouthin, improvisé de A à Z en fonction des ingrédients reçus et ouvert au public sur réservation. L’événement a été organisé en partenariat avec l’association « Act for Tomorrow », qui travaille au développement des capacités des jeunes et des femmes, et la société « Eat a Plate » qui fabrique des assiettes et des couverts compostables. Un autre repas est prévu à Paris bientôt, qui sera suivi d’un second dîner à Beyrouth à Pâques.

« Je suis passionnée par l’hôtellerie et l’expérience culinaire depuis l’âge de 16 ans. Petit à petit, j’ai été sensibilisée au gaspillage alimentaire, aux inégalités et à la famine, mais je ne savais pas comment faire face à cela au départ », explique la jeune femme.

Le déclic survient à Amsterdam, lorsque Diana Fayad découvre un restaurant qui prépare chaque jour un menu différent à partir de nourriture délaissée par les supermarchés. « Ce restaurant était pour moi la preuve qu’on peut avoir une très bonne expérience culinaire à partir d’ingrédients dont les marchés ne veulent plus. Cela montre qu’on peut trouver une solution et faire une différence », souligne-t-elle.

Même si elle continue de travailler à temps plein dans un domaine éloigné des fourneaux, Diana Fayad avoue que sa passion première reste la nourriture et qu’elle espère pouvoir se lancer bientôt dans le domaine culinaire afin de travailler plus en profondeur sur le gaspillage alimentaire. « Quand je parle du concept “Eat, Save, Love”, les gens sont intéressés, mais ils ne réalisent pas vraiment avant de déguster les plats. Ils sont souvent émerveillés parce qu’ils remarquent que leur expérience est équivalente, sinon meilleure que celle qu’on peut avoir dans un restaurant », confie-t-elle.

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