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Alimentation : pourquoi la consommation de viande va-t-elle baisser ?

Viande

La consommation de viande dans le monde aurait atteint son pic historique en 2019, avant de diminuer. Conclusion étonnante : plus un pays est développé, plus la consommation de viande stagne ou même ralentit.

La consommation de viande dans le monde aurait atteint son pic historique cette année, avant de diminuer. C'est incroyable, mais la rupture de tendance est là. Alors que la consommation de bœuf, poulet et porc n'avait cessé de progresser dans les dernières décennies, et parfois de façon spectaculaire, elle devrait atteindre son zénith en 2020. C'est la progression du niveau de vie qui a tiré à la hausse l'appétit pour la viande, notamment dans les pays qu'on appelait naguère en voie de développement.

Et bien désormais, la progression du niveau de vie produit l'effet exactement contraire. Plus un pays est développé, plus la consommation de viande stagne ou même ralentit. Étonnante inversion. Au Royaume-Uni, pour le repas de Noël de cette année, il y a quelques jours, 15% des foyers avaient choisi de ne pas avoir de viande dans leur assiette.

Et la tendance est la même partout, mais cela dépend des animaux. Le bœuf est en régression à peu près partout. Le poulet marche beaucoup mieux, en particulier en Europe et aux Etats-Unis. Quant au porc, c'est le calme plat : stagnation à peu près universelle, même en Chine, à cause de l'épidémie de peste porcine qui a décimé les troupeaux. La Chine aurait atteint le pic du porc en 2014, avec 40 kilos de viande par personne.

Des considérations de santé

Ce sont les considérations de santé qui expliquent cette décroissance de la viande dans nos habitudes alimentaires. Les recommandations des organismes internationaux, voire des gouvernements, à cause des liens qui sont désormais établis entre consommation excessive de viande et les maladies comme l'obésité.

En Chine, le pouvoir vient de déclarer qu'il ne fallait pas plus de 27,3 kilos de viande par personne et par an. Les Chinois sont actuellement au double. Pour vous donner un élément de comparaison, un Américain mange, lui, 100 kilos de viande par an, tandis qu'un Européen se limite, si je puis dire, à 71 kilos.

Mais il y a aussi les considérations écologiques. L'élevage, avec son cheptel mondial d'un milliard deux cent millions de têtes, serait responsable de 10% des émissions mondiales de gaz à effet de serre, sans compter la déforestation et l'usage extensif de l'eau potable.

Au point que certains investisseurs financiers, les grands fonds de pension et autres, envisagent de se détourner des entreprises d'élevage, exactement comme ils ont banni le charbon et son exploitation de leur portefeuille.

Quelles solutions de remplacement ?

D'innombrables aliments protéinés à base de végétaux sont en train d'être développés et commercialisés. Au point que certaines start-up vegan sont devenu les coqueluches de Wall Street, la bourse américaine, comme Beyond Meats, au-delà de la viande. Burger King propose désormais des burgers à base de végétaux, tout comme Mac do.

Les multinationales comme Nestlé et Unilever, naguère spécialistes de la "junk food" trop sucrée ou trop salée, sont en train de faire un virage spectaculaire vers l'alimentation saine, et en particulier vers les protéines végétales.

Le marché est encore modeste, c'était 800 millions de dollars l'année dernière aux États-Unis, contre 70 milliards pour la viande, selon le Financial Times. Mais il progresse à grande vitesse. Quant au marché de la viande, il devrait, tout en ralentissant, monter en qualité et en prix. L'entrecôte pourrait bien devenir le caviar de l'an 2050.

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